Evaluation globale des risques liés au Covid 19 : 9ème évaluation de l'OMS

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En février 2026, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a publié la neuvième version de son Évaluation mondiale des risques liés à la COVID-19. Ces évaluations sont désormais semestrielles, témoignant d’une transition vers un suivi à long terme de ce virus respiratoire qui continue de circuler à l’échelle mondiale.

Situation actuelle de la menace mondiale

Le risque global pour la santé publique mondiale associé au Covid-19 demeure modéré. Ceci s’explique par plusieurs facteurs : une baisse marquée des hospitalisations et des décès depuis 2022, l’acquisition d’une immunité collective – grâce à la vaccination et aux infections antérieures – et les innovations constantes dans la prise en charge.

Cependant, d’importantes incertitudes persistent. La surveillance épidémiologique a décliné, notamment dans les pays à revenu faible et intermédiaire, ce qui complique la compréhension précise de la dynamique de transmission et de l'évolution des nouveaux variants.

Evolution du virus et  variants circulant

Depuis que le variant Omicron a été désigné comme le dernier « variant préoccupant » (VOC), plus de 97 % des séquences génomiques partagées dans les bases de données publiques correspondent à des sous-lignées d'Omicron. Ces lignées ont montré une transmissibilité élevée et un niveau modéré d'échappement immunitaire, sans toutefois d'augmentation notable de la gravité clinique par rapport aux souches précédentes.

Parmi les lignées actuellement surveillées figurent le variant préoccupant (VOI) JN.1 et plusieurs variants sous surveillance (VUM) tels que XFG, NB.1.8.1, KP.3.1.1 et LP.8.1. Aucun n'a encore démontré de gravité supérieure à celle des autres lignées d'Omicron, bien que le taux de mutation constant du virus implique que de futurs variants pourraient présenter des profils cliniques ou épidémiologiques différents.

Le déclin du séquençage génomique mondial, tant en volume qu'en représentativité géographique, complique l'évaluation de l'évolution du virus et limite la détection précoce des variants émergents présentant un risque potentiel accru.

Le SARS-CoV-2 continue de circuler largement à travers le monde, sans schéma saisonnier marqué. Ce comportement est observé grâce à des systèmes de surveillance intégrés, tels que les données de surveillance sentinelle et l'analyse des eaux usées.

Circulation et surveillance mondiales du virus

Le SARS-CoV-2 continue de circuler largement à travers le monde, sans saisonnalité marquée. Ce comportement est observé grâce à des systèmes de surveillance intégrés, tels que les données de surveillance sentinelle et l'analyse des eaux usées.

Cependant, les pressions politiques et économiques visant à réorienter les ressources vers d'autres priorités sanitaires ont entraîné une diminution des tests de diagnostic et de la collecte de données. Ceci compromet la capacité d'estimer avec précision l'incidence réelle, la mortalité et les taux d'hospitalisation, ainsi que de mesurer l'impact des nouveaux variants potentiels. Le déclin des tests PCR et de séquençage représente l'une des principales lacunes de la surveillance mondiale.

Impact clinique et conséquences chez les groupes vulnérables

Depuis la phase aiguë de la pandémie, l'indicateur de gravité – mesuré par le nombre de décès pour 1 000 hospitalisations – a considérablement diminué. Malgré tout, les personnes âgées, celles non vaccinées et celles présentant des facteurs de risque demeurent les plus vulnérables aux formes graves. Les données disponibles pour 2025 montrent une prédominance des décès chez les personnes de plus de 65 ans.

Séquelles à long terme

Une part importante de l'évaluation est consacrée aux effets à long terme de l'infection par le SARS-CoV-2, connus sous le nom de « Covid long ».

Selon les estimations disponibles, environ 6 % des personnes ayant présenté des symptômes du Covid 19 ont développé un Covid long, caractérisé par une fatigue persistante, un essoufflement et des troubles cognitifs pouvant durer plusieurs mois.

L'interprétation de ces effets est complexe en raison du nombre limité de données, mais on sait que le risque de Covid long est plus faible chez les personnes vaccinées et plus élevé chez celles ayant présenté une forme plus grave de la maladie ou ayant subi plusieurs réinfections. Chez certaines personnes, les effets à long terme peuvent inclure des troubles cardiovasculaires ou neurologiques prolongés.

Diagnostic et tests

La COVID-19 reste détectable grâce aux tests diagnostiques standard tels que les tests PCR et les tests antigéniques rapides. Bien que ces tests soient disponibles dans de nombreuses régions, leur utilisation a diminué par rapport aux années de pandémie, réduisant ainsi la capacité à détecter les variations de la circulation virale et à y réagir.

L’OMS recommande de maintenir et de développer des stratégies de dépistage intégrées à la surveillance génomique et environnementale, notamment compte tenu du risque de résurgence ou d’émergence de variants aux caractéristiques distinctes.

Vaccination et recommandations d'immunisation

L'OMS recommande une approche vaccinale simplifiée à dose unique pour la plupart des personnes non vaccinées, associée à des rappels périodiques (tous les 6 à 12 mois) pour les groupes à haut risque.

Malgré l’efficacité prouvée des vaccins pour prévenir les formes graves de la maladie et les décès, la demande et le recours à la vaccination ont considérablement diminué depuis 2023, en particulier dans les pays à revenu faible et intermédiaire. Cette situation a engendré d’importantes lacunes dans la protection des personnes les plus vulnérables aux conséquences graves de la COVID-19.

L'OMS a insisté sur la nécessité de mettre en œuvre des stratégies fondées sur des données probantes afin de renforcer la confiance dans la vaccination et d’accroître la demande, notamment par le biais de campagnes d’information locales, d’une collaboration avec les responsables communautaires et de formations destinées aux professionnels de santé pour répondre aux préoccupations et lever les obstacles à l’accès aux vaccins.

Mesures sociales

La plupart des pays ont écarté le recours à des mesures sociales généralisées telles que le confinement ou les restrictions de déplacement, compte tenu du recul de la maladie et de la nécessité de relancer l’économie. L’OMS a toutefois souligné qu’une stratégie flexible de mesures sociales et de santé publique devait rester intégrée aux systèmes de riposte afin de pouvoir être renforcée proportionnellement en cas d’augmentation du risque.

Cette approche recommande également des politiques de protection sociale pour atténuer les effets collatéraux négatifs – tels que le chômage, les perturbations scolaires et les inégalités en matière de santé – en cas de réintroduction de mesures plus strictes.

Capacités et vulnérabilités systémiques

Bien que la pression clinique directe exercée par la COVID-19 ait diminué, le virus demeure une source de stress pour les systèmes de santé, notamment lorsqu’il circule simultanément avec d’autres virus respiratoires comme la grippe et le virus respiratoire syncytial. L’intégration de la surveillance et de la riposte face à de multiples menaces respiratoires constitue une priorité stratégique.

La création de réseaux tels que CoViNet, conçus pour renforcer la surveillance épidémiologique et de laboratoire, facilitera le partage de données entre les pays et appuiera les évaluations de risques en cours.

Conclusions 

La neuvième version de l’Évaluation mondiale des risques liés à la COVID-19 montre que, même si la menace directe que représente la COVID-19 a diminué par rapport aux pics de la pandémie, le virus continue de circuler à l’échelle mondiale et présente d’importantes incertitudes en raison de l’évolution constante du virus, du déclin de la surveillance épidémiologique et du faible taux de vaccination parmi les groupes vulnérables.

Source : Organisation mondiale de la santé