Les « Recommandations sanitaires aux voyageurs » ont été mises à jour en mai 2024

medecinedesvoyages.net

Les « Recommandations sanitaires aux voyageurs à l’attention des professionnels » qui ont bénéficié d’une actualisation en mai 2024 ont été mises en ligne le 20 juin 2024. Cette nouvelle a pour objectif de décrire les éléments nouveaux apportés par cette version récente, par rapport à la version précédente datant de janvier 2024. Voir la nouvelle du 30 avril).

1. Vaccinations

Il est rappelé en introduction le caractère essentiel de la mise à jour vaccinale vis-à-vis de la rougeole et de la coqueluche du fait de la recrudescence actuelle des cas en Europe, mais aussi dans d’autres pays.

Un second rappel précise que les personnes souhaitant donner leur sang doivent signaler lors de l’entretien médical préalable au don toute vaccination réalisée dans le mois précédent. L’administration d’un vaccin vivant atténué contre indique le don de sang de manière temporaire pour une durée de 4 semaines. Pour les autres types de vaccins, le don est possible si l’état de santé est satisfaisant et sous certaines conditions 

Par ailleurs, le caractère obligatoire de la déclaration de certaines infections à prévention vaccinale est rappelé quand il y a lieu (choléra, dengue, encéphalite à tiques, fièvre jaune, fièvre typhoïde, hépatite A, hépatite B, infections invasives à méningocoques, leptospirose, Mpox, poliomyélite, rage, tuberculose).

Enfin, comme dans les chapitres suivants, les données épidémiologiques ont été actualisées.

1.1. Choléra

Les données épidémiologiques ont été étoffées, incluant un point sur la situation du choléra aux Comores et à Mayotte

Les précautions d’emploi du vaccin DUKORAL ont été détaillées et le fait que le vaccin VAXCHORA ait été proposé à Mayotte dans le cadre de la vaccination autour des cas confirmés de choléra est signalé.

Les recommandations vaccinales concernant le voyageur n’ont pas évolué, mais un avis spécialisé (centre de vaccinations internationales) en cas de séjour dans une zone où le choléra est épidémique/endémique peut permettre d’évaluer le risque individuel.

1.2. Covid 19

La liste des vaccins disponibles au printemps 2024 a été mise à jour et l’adaptation probable des vaccins aux nouveaux variants circulants à l’automne 2024 est signalée.

Pour le cas de l’Arabie saoudite, il est précisé que les pèlerins se rendant à la Mecque en 2024 devront avoir reçu un schéma vaccinal complet pour la vaccination contre la Covid 19. Cette recommandation s’appuie sur les « Informations à l’attention des pèlerins se rendant à La Mecque en 2024 » disponibles sur le site diplomatie.gouv.fr. On notera que cet avis n’est pas totalement en accord avec les recommandations émises par le ministère de la santé du gouvernement saoudien qui recommande la vaccination aux pèlerins, mais ne l’exigent qu’en cas d’accès au système de santé du pays.

1.3. Dengue

Les données épidémiologiques sont actualisées et présentées sous forme d’une carte.

Il est rappelé qu’un avis de la Haute Autorité de Santé concernant la place du vaccin QDENGA chez le voyageur est en attente. Ce vaccin qui peut s’administrer chez les sujets de 4 ans et plus, quels que soient leurs antériorités de dengue et leur statut sérologique pour le virus de la dengue, a déjà été positionné chez le voyageur par plusieurs pays (États-Unis, Royaume Uni, Belgique …).

1.4. Encéphalite japonaise

Une carte des pays d’Asie et du Pacifique occidental dans lesquels le virus de l’encéphalite japonaise a été identifié est proposée, et le tableau des pays à risque a été enrichi d’informations complémentaires pour ce qui concerne les zones à risque (cas de l’Inde en particulier).

Il est apporté des informations complémentaires sur la protection à long terme chez l’enfant car il existe des données en faveur de taux d’anticorps protecteurs 5 ans après la dose de rappel dans plus de 90% des cas. Il en de même chez l’adulte de moins de 65 ans, les données publiées suggérant qu’une 2e dose de rappel est à envisager dix ans plus tard, en cas de nouvelle exposition au risque infectieux.

1.5. Encéphalite à tiques (TBE)

La liste des pays à risque est présentée sous la forme de deux tableaux différenciant d’une part les pays considérés comme endémiques pour la TBE (les recommandations vaccinales des autorités locales y sont détaillées), et d’autre part les pays pour lesquels sont déclarés des cas humains sporadiques, ou pour lesquels les données sont peu documentées. On notera la disparition de la France de la liste des pays : il s'agit bien entendu d'un oubli, puisque 71 cas d'encéphalite à tiques y ont été notifiés entre mai 2021 et mai 2023. Cette présentation est une réelle amélioration par rapport au tableau unique des années précédentes.

Les données épidémiologiques, dont la carte, ont été actualisées. En Allemagne, la vaccination contre l'encéphalite à tiques est recommandés dans plusieurs régions (voir la liste ici). A noter une petite coquille dans les recommandations avec l'oubli de la Saxe.

Concernant la vaccination, la séroconversion étant habituellement assurée au plus tôt 14 jours après la 2e injection, les dernières recommandations considèrent qu’en cas de départ ne permettant pas de réaliser le schéma de primovaccination complet, les voyageurs peuvent donc bénéficier d’un schéma vaccinal à 2 doses, la 3e dose vaccinale pouvant être réalisée ultérieurement.

Concernant l’interchangeabilité entre les vaccins TICOVAC et ENCEPUR, les études d’interchangeabilité menées en population pédiatrique montrent qu’après l’administration des deux premières doses vaccinales par TICOVAC ou ENCEPUR, la 3e injection peut être réalisée indifféremment avec l’un ou l’autre de ces vaccins. Ces éléments ne figurent pas dans le dossier d'autorisation de mise sur le marché (AMM).

1.6. Fièvre jaune (FJ)

Chez le drépanocytaire sous hydroxycarbamide, si l’administration d’un vaccin vivant atténué est toujours déconseillée, il est précisé que le vaccin amaril, STAMARIL en France, peut toutefois être administré, sous réserve de l'absence de leucopénie.

Dans le tableau 14 qui précise les obligations et recommandations vaccinales selon les pays, il est précisé pour la Tanzanie que la vaccination contre la fièvre jaune est généralement non recommandée chez les voyageurs sans transit ou séjour dans un pays à risque de transmission, mais que la preuve de vaccination peut être demandée de manière indistincte (quel que soit le pays d’origine ou de transit). Cette particularité était bien connue des centres de vaccinations internationales. 

On notera que le site diplomatie.gouv précise que pour le Sénégal qui n’exige pas la vaccination FJ, dans la pratique, il peut arriver que les autorités sanitaires sénégalaises exigent, à la frontière, la présentation du carnet de vaccinations internationales, même pour des passagers en provenance de pays européens. Cette information n’a pas été prise en compte dans les dernières recommandations. 

Concernant l’interaction avec le vaccin ROR, il est recommandé par précaution, de respecter dans la mesure du possible un intervalle d’un mois entre les vaccins FJ et ROR. Ainsi, la coadministration des vaccins FJ et ROR est à réserver aux cas de départ imminent ne permettant pas de respecter ce délai d’un mois. Dans cette dernière situation, les vaccins amaril et ROR peuvent être administrés à n’importe quel intervalle.

1.7. Fièvre typhoïde

Le vaccin oral vivant atténué VIVOTIF avait déjà été intégré aux recommandations diffusées en janvier 2024.

L’arrêt de commercialisation en 2024 du vaccin combiné Typhoïde - Hépatite A (TYAVAX) a été pris en compte.

Un tableau comparatif des vaccins TYPHIM VI et VIVOTIF est proposé.

1.8. Grippe saisonnière

L’ arrêt de commercialisation en France du vaccin EFLUELDA pour la saison 2024-2025, et la non disponibilité en France du vaccin vivant atténué intranasal FLUENZ TETRA ont été prises en compte.

1.9. Hépatite A

Il est précisé que le vaccin HAVRIX 1440 peut être administré à partir de 15 ans, alors que le vaccin AVAXIM 80 ne peut l’être qu’à partir de 16 ans. En réalité, ces deux vaccins peuvent être administrés à partir de l'âge de 16 ans.

1.10. Hépatite B

Pour les enfant jusqu’à l’âge de 15 ans le seul schéma accéléré proposé dans les recommandations est le schéma avec ENGERIX B 10 μg : 3 doses (à 0, 1 et 2 mois) avec un rappel 12 mois après la 1ére dose.

On notera que ce schéma est également possible dans le RCP du vaccin HBVAXPRO 5 µg. Par ailleurs, le schéma à trois doses à M0, M1, M2 avec rappel à M12 peut se faire de 16 à 17 ans inclus avec HBVAXPRO 10 et ENGERIXB 20. Les recommandations sanitaires aux voyageurs n’en parlent pas.

1.11. Infections invasives à méningocoques (IIM)

Les données épidémiologiques ont été actualisées, citant en particulier les cas d’IIM signalés en avril et mai par plusieurs pays chez des pèlerins de retour de La Mecque. 

De même, l’évolution de la stratégie de vaccination en France contre les IIM de sérogroupes ACWY et B a été rappelée.

Pour les séjours en dehors de l’Afrique subsaharienne, il est maintenant clairement recommandé de prendre en compte les recommandations vaccinales des pays de destination vis-à-vis des IIM ACWY et des IIM B, en particulier lors de séjours prolongés : 

  • dans le cadre d’expatriation ;
  • chez les enfants en bas âge et les adolescents ainsi que chez les jeunes adultes vivant dans des conditions de promiscuité.

Il est à noter que l’adresse du site de l’OMS permettant de prendre connaissance des calendriers vaccinaux en fonction des pays n’est plus fonctionnel, et ce depuis plusieurs mois.

Par ailleurs, un rappel peut être envisagé 5 ans après une primo-vaccination en cas de risque avéré.

1.12. Leptospirose

Les données épidémiologiques sont actualisées rappelant en particulier l’incidence nettement plus élevée de la leptospirose dans les départements et territoires ultramarins qu’en métropole (20 fois en Guyane, 50 fois en Nouvelle-Calédonie).

La place de la vaccination chez le voyageur reste très limitée.

1.13. Mpox (nouveau chapitre)

Un nouveau chapitre est consacré au Mpox.

Il faut retenir qu’un voyage à destination de zones où circule le virus est l’occasion de proposer la vaccination aux personnes à très haut risque d’exposition, notamment les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) rapportant des partenaires multiples si elle n’a pas été faite auparavant.

1.14. Poliomyélite

L’arrêt de commercialisation en 2023 du vaccin non combiné IMOVAX POLIO est signalé.

Les recommandations orientent le lecteur sur la page d’accueil du site polioeradication.org pour obtenir les données actualisés concernant la circulation des poliovirus dérivés de souches vaccinales. En fonction de ce qui est recherché, quatre adresses ont un intérêt : 

1.15. Rage

Les recommandations précisent qu’a coté du schéma vaccinal conventionnel à 3 doses (J0 J7 J21 ou J28) possible avec les vaccins RABIPUR et VACCIN RABIQUE PASTEUR, le vaccin RABIPUR peut être administré en pré-exposition selon un schéma accéléré à 3 doses à J0 J7 J21 ou selon un schéma raccourci à deux doses à J0 J7 avec dans ce cas un contrôle sérologique post-vaccinal chez l’immunodéprimé.

A noter que le RCP du VACCIN RABIQUE PASTEUR permet également un schéma à deux doses à J0 J7 réservé au voyageur immunocompétent avec une administration possible par voir IM ou ID (2 doses de 0,1 mL à J0 et J7 dans ce cas). Par contre ce vaccin ne permet pas la mise en œuvre d’un schéma accéléré.

1.16. Rougeole

Du fait des reprises épidémiques de grande ampleur au niveau mondial, européen et français, une attention particulière doit être portée aux sujets devant voyager qui doivent être à jour de leur vaccination.

MesVaccins.net met à jour régulièrement la liste des pays en phase épidémique.

1.17. Tuberculose

La liste des pays de haute-endémicité tuberculeuse (taux d'incidence > 40/10.5) justifiant de recommander le vaccin BCG en cas de séjour a été mise à jour (données OMS de 2022) : 

  • Amérique centrale, du sud et Caraïbes : vaccination recommandée pour 13 pays avec un TI > 40/10.5 : Bolivie, Brésil, Colombie, Équateur, Guyana, Haïti, Nicaragua, République Dominicaine, Panama, Paraguay, Pérou, Salvador, Venezuela. On remarquera que l’Uruguay qui n’est pas inclus dans la liste a un TI croissant depuis plusieurs années atteint 38/105 en 2022. Par ailleurs le Suriname présent jusqu’à présent sur la liste alors que son TI est inférieur à 40/105 depuis 2011, en a été exclus.
  • Afrique : la vaccination est recommandée pour l’ensemble du continent à l’exception du Togo (le TI a diminuée régulièrement depuis 2010 passant de 76 à 32/105 en 2022) et de la Tunisie dont le TI est stable depuis de nombreuses années est à 37/105 en 2022. Parmi les pays rattachés habituellement à l’Afrique, le HCSP considère le BCG comme non recommandé pour le Cap Vert (TI de diminution régulière passant de 90/105 en 2010 ) 31/105 en 2022). Signalons que les TI de Maurice, des Comores et des Seychelles sont également inférieures à 40/105 (TI respectivement de 12, 35 et 17/105 en 2022).
  • Océanie : dans les recommandations de juin 2013, le BCG n’est recommandé que pour la Papouasie-Nouvelle-Guinée (TI=432/105 en 2022) et Iles Salomon (TI=59/105 en 2022). Il faut souligner que plusieurs pays d’Océanie ont également un TI supérieur à 40/105 en 2022 : Palau, Niue, Micronésie, Iles Mariannes du Nord, Fidji, Nauru, Tuvalu, Kiribati et Iles Marshall. 
  • Proche Orient-Moyen Orient : les recommandations ont fait le choix de lister 12 pays où le BCG n’est pas recommandé. En pratique, dans cette région la vaccination est recommandée en cas de séjour au Yémen (TI=48/105). Les choix du HCSP laissent entendre que le BCG serait également recommandé pour trois pays de cette zone (Liban, Bahreïn et Qatar) pourtant de moyenne endémicité.
  • Europe centrale et orientale : la vaccination reste recommandée dans trois pays de haute endémicité pour la tuberculose, la République de Moldavie, la Roumanie et l’Ukraine. La Fédération de Russie a été écartée de cette liste, mais le TI de la tuberculose en 2022 était encore de 39/105 en 2022, première année depuis 2010 où un taux inférieur à 40/100 000 a été relevé.
  • Europe du Nord : le Groenland, certes peu fréquenté par les voyageurs, ne fait plus parti des pays où le BCG est recommandé alors qu’en 2022 le TI de la tuberculose y était de 118/10.5.

Rappelons qu’en 2018, le Haut Conseil de la santé publique avait émis un avis relatif à la détermination d’un seuil pratique pour définir un pays de haute endémicité tuberculeuse et avait fixé ce seuil à 40/100 000. L’avis rappelait que faire référence à un seuil précis nécessitait que les données recueillies soient de qualité, que l’incidence de la tuberculose dans un pays est une moyenne nationale, masquant des disparités géographiques au sein d’un même pays, et enfin que les pays de faible ou moyenne incidence peuvent être situés dans des zones de haute incidence de tuberculose et cette proximité géographique et les mouvements de population qui existent entre ces pays pourraient avoir un impact (pas facile à mesurer) sur l’incidence de la tuberculose dans ces pays. La prise en compte des TI pour poser une indication vaccinale est une aide, mais il n'est pas interdit de replacer cette information dans un contexte plus large avant d’écarter la vaccination à la seule vue d’un taux inférieur à 40/100 000.

2. Risques liés aux arthropodes et protection personnelle anti-vectorielle (PPAV)

Deux références (contrairement à une antérieurement) sont proposées pour s’informer sur les conduites à tenir en présence de punaises.

La protection personnelle antivectorielle, reposant sur l’utilisation de répulsifs cutanés et d’une moustiquaire imprégnée d’insecticide la nuit, reste fortement recommandée pour prévenir le paludisme dans toutes les zones d’endémie.

L’imprégnation des vêtements par le DEET et l’IR3535 est maintenant un moyen d’appoint supplémentaire contre les piqûres d’arthropodes. Elle peut être utilisée comme un complément aux autres outils de protection personnelle antivectorielle à partir de l’âge de 12 mois (dose maximale recommandée dépendante de l’âge et de la nature de l’exposition, voir la notice du produit). 

3. Paludisme

3.1. Données épidémiologiques

Les données épidémiologiques ont été actualisées. Les points à retenir sont les suivants :

  • Depuis 2015 le nombre de cas de paludismes et les décès qui y sont liés dans le monde ne reculent plus et ont même réaugmenté depuis 2020.
  • La région Afrique de l’OMS est toujours la plus durement touchée par la maladie (94 % des cas et 96 % des décès au niveau mondial).
  • En France, le nombre de cas importés en 2023 a augmenté et est estimé à 6200 cas. Les pays à l’origine des contaminations sont toujours très majoritairement situés en Afrique subsaharienne (85 % des cas) et Plasmodium falciparum est impliqué dans près de 88 % des cas. Un des principaux facteurs de risque des formes graves (17,7 % de cas) et de décès (n=19 soit 6,3 pour 1000) du paludisme demeure l’espèce (P. falciparum) et le retard au diagnostic, souvent lié à une prise en soin inadaptée des patients lors d’une première consultation. Pour cela, compte tenu de l’obligation d’un rendu du résultat de la recherche de paludisme dans les 2 heures, qui en pratique est difficile à obtenir en ville, il est recommandé d’adresser sans délai ces patients vers les services hospitaliers (Services d’Accueil des Urgences, maladies infectieuses et tropicales, médecine interne) pour une prise en soins diagnostique et thérapeutique rapide et adaptée.
  • Une augmentation du nombre de cas de paludisme à P. vivax est observée en Guyane depuis la fin de l’année 2023, y compris sur des pistes et localités du littoral. La situation était en cours d’amélioration mi-2024 à la suite des actions de contrôle entreprises. Le risque reste faible pour la majorité des voyageurs et ne justifie pas la prescription d’une chimioprophylaxie dans la majorité des cas. La protection personnelle antivectorielle reste par contre de première importance. 
  • À Mayotte, aucun cas de paludisme autochtone n'a été observé sur le territoire depuis juillet 2020. Une protection personnelle antivectorielle reste cependant recommandée au regard des autres risques de maladies vectorielles existant sur le territoire.

3.2. PPAV

Les mesures de PPAV (voir chapitre précédent § 2.2) reposent sur le port de vêtements longs et couvrants, l’utilisation de répulsifs cutanés recommandés dès la tombée du jour et d’une moustiquaire imprégnée d’insecticide la nuit.

3.3. Chimioprophylaxie antipaludique (CPAP)

La chimioprophylaxie antipaludique est toujours indiquée pour les séjours en Afrique sub-Saharienne compte tenu de l’importance du risque, et ce, quel que soit le profil des voyageurs. 

En Asie et Amérique tropicale, la transmission ayant considérablement diminué, il ne reste que peu de situations nécessitant sa prescription avant un voyage touristique ou professionnel dit « conventionnel ». Pour les voyages non conventionnels, les indications reposent sur une analyse de la balance bénéfice-risque tenant compte de la destination, de la durée du séjour, du profil du voyageur et des activités prévues. 

À cette fin, des recommandations simplifiées sont proposées pour les voyageurs conventionnels (séjours de moins d’un mois dans de bonnes conditions sans nuitée en zone rurale). Des recommandations détaillées par pays mises à jour restent disponibles pour mieux évaluer les indications et la balance bénéfice/risque pour les autres voyageurs (Tableau 15). Les cartes OMS ont été mises à jour en annexe 4. On peut regretter que les pays n’y soient plus clairement identifiés.

Une attention particulière doit être portée à la prévention du paludisme d’importation chez les personnes issues de l’immigration retournant au pays pour visiter leurs proches car ce sont elles qui en payent le plus lourd tribut. 

L’atovaquone-proguanil (AP) et la doxycycline sont les antipaludiques à privilégier du fait de leur profil de tolérance. 

Par précaution, l’association AP est à éviter chez les femmes allaitantes, en particulier pour des enfants de moins de 5 kg. Chez la femme enceinte, la méfloquine n’est plus envisagée qu’en dernière intention, même si les autorités américaines la recommandent en première intention, en raison de données jugées insuffisantes. L’AP peut être prescrite en cas de séjour inévitable dans les zones où cette association est recommandée, mais le suivi de grossesses exposées à l’association AP est insuffisant à ce stade pour exclure formellement tout risque malformatif ou foetotoxique.

Il est nécessaire de bien informer les voyageurs de l’importance de consulter sans délai en cas de fièvre dans les 3 mois après le retour et de signaler leur séjour en zone d’endémie. 

Les freins financiers au recours aux mesures de prévention en voyage doivent être abordés en consultation et conduire, si besoin, à une priorisation de certaines comme la chimioprophylaxie à destination de l’Afrique subsaharienne. 

Concernant la gestion d’un traitement de réserve chez l’adulte, le HCSP a étoffé son avis sur la place des tests de diagnostic du paludisme considérant qu’ils ont une sensibilité élevée et pourraient être une aide au déclenchement du traitement de réserve. Il est cependant précisé que, dans le cadre de la législation française, ces tests ne peuvent être achetés en France par les voyageurs. Dans certains contextes ils peuvent être accessibles (bases vie, etc.), néanmoins leur difficulté de réalisation et d’interprétation limite leur intérêt. Il est par ailleurs précisé que l’arténimol-pipéraquine et Artéméther-luméfantrine ne sont pas recommandées chez la femme enceinte et que l’AP n’est pas recommandé en cas d’insuffisance rénale sévère (cl créatinine< 30 mL/mn) ou de CPAP par atovaquone-proguanil (de principe ce traitement doit différer de celui de la CPAP).

4. Diarrhée du voyageur et autres risques liés au péril fécal (pas de changement notable)

Rappelons que l’azithromycine est le traitement de première intention, en particulier dans les syndromes dysentériques et les diarrhées graves non dysentériques au cours ou au décours d’un séjour en Asie.

5. Risques liés aux transports

Concernant le traitement préventif du mal des transports, il est précisé que le dimenhydrinate existe sous une forme sirop, mais que le diphénhydramine n’est disponible qu’en comprimés (à écraser avant 6 ans).

6. Risques liés à l’environnement

Le paragraphe 6.6. consacré aux animaux autres que les arthropodes a été restructuré et étoffé.

Il inclut en particulier un nouveau paragraphe consacré aux animaux venimeux et toxiques dans l’environnement. (chapitre 6.6.2. page 92 à 93). Les risques d’envenimation sont détaillé dans une annexe des recommandations (annexe 7 (p 202).

Le chapitre 6.6.3 consacré aux risques spécifiques liés à la consommation de produits animaux aborde les risques suivants : 

  • L’icthyosarcotoxisme (ciguatera) pour lequel une carte de la distribution géographique de la ciguatera et des ciguatoxines est proposée
  • L’intoxication par tétrodotoxine (ou fugu) (nouveau chapitre)
  • Les risques liés à l’ingestion de la chair de certains oiseaux (nouveau chapitre).

Un dernier paragraphe (6.6.4.) aborde les autres risques liés à un contact rapproché avec des animaux (maladies vectorielles exclues) tels que les orhopoxvirus, les virus des fièvres hémorragiques ou l’histoplasmose…

7. Risques liés aux activités

Quelques informations complémentaires ont été apportées. 

Concernant la « Fish pédicure », il existe des risques infectieux non négligeables liés à la nature même de la technique qui est basée sur l’immersion du corps dans un bain contenant des poissons (voir fiche du ministère de la santé). 

Concernant la plongée sous-marine, il est rappelé que le respect des contraintes réglementaires, la formation des encadrants, la vérification du matériel (bouteilles, détendeurs, ordinateurs de plongée...), l’accès aux premières mesures en cas de problème (oxygénothérapie, oxygénothérapie hyperbare) peuvent être variables selon les pays ou les zones géographiques. Il est donc essentiel de : 

  • bien se renseigner avant la plongée et de limiter les prises de risque durant la plongée (respect des profondeurs, durées, paliers et règles de base) ; 
  • porter des gants et une combinaison, et ne pas manipuler poissons et coquillages pour limiter le risque d’envenimation marine ; 
  • connaître les signes de narcose en plongée plus profonde et ceux d’accident embolique.

8. Risques liés à certains comportements ou situations

Concernant les risques liés aux comportements sexuels, des recommandations supplémentaires sont proposées :

  • Les personnes ayant une sexualité exposant à un risque d’IST, devraient être vaccinées contre l’hépatite B, les papillomavirus (en respectant les conditions d’âge), les IIM (sur-risque observé chez les HSH par le passé), l’hépatite A et la typhoïde (si rapports oro-anaux). La vaccination contre le mpox est aussi recommandée aux hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) (voir chapitre 1.13).
  • Le port de digues dentaires est également protecteur pour les rapports oro-vaginaux ou oro-anaux. 
  • La prophylaxie antirétrovirale pré-exposition (PrEP) trouve son indication.

Notons que la phrase rappelant qu’une infraction sexuelle sur mineur commise à l'étranger par un Français ou une personne vivant habituellement en France est punissable par la justice française, a été supprimée.

9. Précautions particulières pour certaines situations personnelles

Ce paragraphe permet de mieux appréhender les précautions particulières chez les personnes atteintes d’affections chroniques, les enfants, les femmes enceintes ou allaitantes, et les personnes âgées.

Le paragraphe relatif au risque de mutilation génitale féminine précise les modalités de signalement en cas de risque identifié et présente une répartition géographique de la prévalence des mutilations génitales féminines dans le monde.

Concernant les femmes enceintes ou allaitantes, la disponibilité du vaccin VIVOTIF a été prise en compte, ce vaccin vivant atténué étant contre-indiqué dans ce contexte.

10. Trousse à pharmacie

La composition d’une pharmacie utile est proposée tout en rappelant l’importance de tenir compte des capacités financières de la personne et du risque de mésusage des médicaments. 

La prescription anticipée d’antibiotiques doit être évitée sauf dans d’exceptionnels cas d’éloignement des structures de santé. Les infections urinaires sont fréquentes chez les femmes. Elles peuvent être prévenues par une bonne hydratation et peuvent justifier une prescription anticipée de traitement minute. 

11. Aspects administratifs : pas de changement

12. Maladies d’importation : prévenir le risque de dissémination des maladies infectieuses au retour de voyage

Le tableau 16 en annexe 6 en fin de document précise les conditions d’alerte, signalement et prévention des maladies potentiellement graves présentant un risque épidémique pour l’ensemble du territoire français. Il a été actualisé.

Une actualisation de la conduite à tenir en cas de suspicion de grippe zoonotique est en attente.

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